Préface Tome I
Dans le Tome 1 de sa Trilogie, l'auteur raconte son parcours. C'est l'histoire véridique, une histoire contée, d'un garçon 'né coiffé et gaucher', l'Année du Typhus,"Aâm-Ettyfis"!
Tout commença pour Bézouiche par une fugue, consécutive à un départ manqué en colonies de vacances. Il venait d'accomplir ses 13 ans. Une fugue à pied de Tébessa à Kasserine, en compagnie de son copin Boudy. Une fugue inspirée et encouragée par un jeune et énigmatique Tunisien de passage.
Dès leur arrivée à Kasserine, ils furent immédiatement arrêtés par la Gendarmerie Française. Après quelques jours de détention à Kasserine, Bézouiche et son copain Boudy furent transférés à la Prison Centrale de Sousse pour y être incarcérés. Ils seront 'logés' en cellule, en raison de leur jeune âge. Dans cette prison, ils furent contactés et pris en charge par des détenus politiques du Parti du Destour. Leur doyen, Baba Saïd, originaire de Monastir, venait d'être transféré de la prison d'Orléansville à la suite du tremblement de terre. Bézouiche apprendra beaucoup de 'choses politiques' et fut profondément marqué par cette brève détention. Une détention qui bouleversera le cours naturel de son adolescence et lui sera somme toute bénéfique. Sa soif de s'engager dans le combat pour la libération de son pays naquit dans la prison de Sousse.
Son père viendra le faire libérer quelques semaines plus tard, contre payement d'un 'café'… Revenu chez lui à Tébessa, il reprendra sa scolarité en classe de 5ème. Une scolarité gravement perturbée. Sa candidature à l'Ecole des Mousses de Brest n'ayant jamais eu de suite, il cherchera à rejoindre les rangs de l'A.L.N par tous les moyens. Mais personne ne prit au sérieux les demandes pressantes de cet adolescent à peine sorti de l'enfance. En fin d'année scolaire, il fuguera de nouveau vers Tunis, via Souk-Ahras et Ghardimaou, en resquillant dans un train de phosphate, puis dans un train de marchandises, enfin sous les sièges d'un train de voyageurs. A Tunis, il n'arrivera pas à prendre contact auprès du Markaz de l'A.L.N avec son oncle Si Ahmed, officier. Là également, personne ne voulait prendre au sérieux son désir de rejoindre le maquis, compte tenu de son jeune, très jeune âge. Il s'échappe du Markaz de Tunis pour rejoindre Monastir, à la recherche de son mentor de la prison de Sousse, Baba Saïd, libéré à l'indépendance de son pays. A Monastir, les retrouvailles furent émouvantes au sein de la famille de Baba Saïd. Sur les orientations et les conseils de son mentor, Bézouiche retournera à Tunis pour essayer à nouveau de prendre contact avec son oncle Si Ahmed et le Markaz. Mais la "Tuerie de Tunis" qui venait d'avoir lieu empêcha tout contact avec qui que ce soit. Un membre du Markaz, originaire de Tébessa et connaissant sa famille, conseilla à Bézouiche d'aller proposer son recrutement à la Base de l'Est. A Souk-Larbâa, puis à Ghardimaou, il réussit à prendre enfin contact avec l'A.L.N de la Base de l'Est. Pendant quelques jours de cette période trouble, son sort oscilla entre la vie et la mort. Sa rencontre avec le Colonel commandant la Base de l'Est, Si Amara Bouglaze en personne, lui fut salutaire et le sauva d'une condamnation à mort certaine.
L'officier supérieur, qui connaissait personnellement Si Ahmed, l'oncle de Bézouiche, pour avoir fait avec lui le Seconde Guerre Mondiale, ordonna son recrutement immédiat. C'était le 11 Novembre 1956. Bézouiche, toujours envahissant, a pour ainsi dire forcé les portes de l'A.L.N ! Il fut affecté à Markaz-Souika (K comme kilo), un markaz de ravitaillement, en qualité de 'Kateb'.
Quelques semaines plus tard, Slimane l'Assaut, chef du Commando de Souk-Ahras, le repéra et le recruta à sa demande dans son Commando de la Mort. Après plusieurs actions avec le Commando de Souk-Ahras, dans le Groupe de Choc de P'tit Mohamed, Bézouiche fut blessé et mis hors de combat dans une opération de ratissage à Kef-Errakhma, où l'hélicoptère du Colonel Jean-Pierre fut abattu. Il fut transféré à l'hôpital de Souk-Larbaâ, où il reçut entre autres, la visite du Colonel Amirouche, qui ordonna sa scolarisation immédiate au Lycée Sadikia de Tunis, après la guérison de sa blessure. Bézouiche tint tête au Colonel Amirouche et refusa net sa re-scolarisation. Il s'enfuit de l'hôpital pour rejoindre son Commando, qui se préparait à conduire une Compagnie d'Acheminement d'armes vers la Wilaya III, dans le sillage du Colonel Amirouche. En cours de route, Bézouiche fit la connaissance de El-Baraka et de son adjoint Azzedine, dans la région d'El-Milia, en Wilaya II, après la fameuse embuscade, dite du 14 Juillet 1957. A la limite de la Wilaya III, à Serj-El-Ghoul, Slimane l'Assaut, le Chef de son Commando, remit dans des conditions rocambolesques, la Compagnie d'Acheminement avec armes et bagages, en faisant signer de force au Commandant H'mimi les bordereaux de réception. Au cours d'un retour précipité et plein de péripéties avec le Commando de Slimane l'Assaut, Bézouiche fut parmi les premiers à apprendre, sur place, le décès de El-Baraka, héros de la Wilaya II, déchiqueté par un obus perdu.
Slimane l'Assaut eut ensuite maille à partir avec les deux Messaoud, deux officiers de la Wilaya II. Il s'agit de Messaoud El-Ksentini et Messaoud Bouali, qui provoquèrent une brève mais violente confrontation armée avec le Commando de Slimane l'Assaut. S'ensuit une fuite éperdue des hommes de Slimane l'Assaut, jusqu'à leur fief de Kef-Errakhma. Dès leur arrivée à la Base de l'Est, Slimane l'Assaut et les hommes de son Commando, y compris Bézouiche, furent désarmés et arrêtés par le Capitaine Bensalem, Chef du 2ème Bataillon.
Le récit qui couvre la période allant d'Août 1955 à Août 1957, évitera volontairement le style dogmatique et doctoral. Il est rédigé à bon escient dans un style léger, parfois badin, à la portée du plus grand nombre, pour une lecture agréable, captivante, pourquoi pas divertissante. Donc forcément enrichissante.
Un récit conté de l'Histoire, pour distraire et enseigner à la fois.
Un récit où la rancœur n'existe pas. Le récit d'un adolescent, débité avec toute la sensibilité et l'humanité, mais aussi avec l'acuité d'observation, propres à son âge.
Le narrateur, le héros, ne tirant aucune gloriole de ce qu'il considère comme son simple devoir que d'avoir combattu pour la libération de son pays, jette avec humilité un regard, à la fois serein sur ce qu'il a accompli et surpris de ce qu'il a enduré.
Mais il n'a pu s'empêcher à chaque occasion de faire digression pour replonger brièvement dans son enfance ou de coller au présent, pour faire ici et là des constats parfois amères, des commentaires ou des observations souvent utiles, en prise directe avec divers sujets d'actualité, soumis à la reflexion du lecteur.
Digressions opportunes aux yeux de l'auteur, ces brefs sauts, ces navettes furtives dans l'espace et dans le temps, tout en ramenant le lecteur à son vécu quotidien, annonçent en filigrane le contenu des deux tomes qui suivent.
Des documents photographiques et autres, inédits, illustrent les récits de la Trilogie.
Le Tome 2 couvrira la période allant de Septembre 1957 à Septembre 1958, sous le titre :"Les Transmissions de la Base de l'Est."
Le Tome 3 clora la trilogie en couvrant la période allant jusqu'à la Proclamation de l'Indépendance. Il aura pour titre : ‘Bézouiche M.A.L.Gache’.
Abdelmadjid Maâlem
شـهتدات بـزويـش
(مـــلـــخـــص)
في الكتاب I من ثلاثيته
، يقص الكاتب مسيرته.
إنها قصة حقيقية. قصة مروية ، لفتى أقبل حظه وأعسر ، ولد "عام التيفيس" !
كانت البداية لبزويش، ليس أول نوفمبر، بل بفرار
ناتج عن تخلفه في السفر إلى مخيم المطل وهو قد أتم ثلاثة عشرة سنة من عمره ، فرار
من تبسة إلى القصرين مشيا على الأقدام ، رفقة صديقه بودي. حال وصولهما إلى القصرين
، تم مباشرة القبض عليهما من قبل الجندرمة الفرنسية. بعد أيام من الحبس في القصرين
، نقل بزويش وصديقه إلى السجن المركزي لمدينة سوسة من أجل سجنهما.
تم "إسكانهما" بحبس انفرادي (في السيلون)
نظرا لصغر سنهما. في ذلك السجن، لتصل بهما و تعهدهما معتقلون سياسيون من حزب
الدستور. كان أكبرهم "بابا سعيد"، وأصله من منستير، حديث النقل من سجن
أورلييانفيل (الأصنام) بعد الزلزال العنيف الذي أصابها سنة 1954.
تعلم بزويش الكثير من "الأمور
السياسية" وتأثر بالغ التأثر بذلك الحبس الوجيز. الحبس الذي قلت السير
الطبيعي لمراهقته وكان في الحاصل ذا فائدة له.
لقد ولد تعطشه الانخراط في معركة تحرير بلاده في سجن
سوسة.
حصر والده بعد ذلك ببضعة أسابيع من أجل إطلاق صراحه
مقابل "قهوة".
لدى عودته إلى البيت بتبسة ، استأنف دراسته بقسم السنة
الثانية متوسط ، دراسة التي طرأ عليها اضطراب شديد ، كون ترشحه لمدرسة النواتي
ببراست باء بالفشل...
حاول الالتحاق بصفوف جيش التحرير بكل الطرق ، ولكن لا
أحد أدلى أي اعتبار للطلب الملح لذلك المراهق الحديب العهد بالطفولة ، عند نهاية
السنة المدرسية ، فر ثانية نحو تونس عبر سوق أهراس و غردماو ، وذلك احتيالا على
متن قطار للفسفات ، وبعدها على متن قطار للسلع و أخيرا تحت مقاعد قطار للمسافرين.
بعد وصوله إلى تونس ، لم يتمكن من الاتصال لد المركز
التابع لجيش التحرير الوطني ، بعمه السي أحمد ، ضابط.
هناك أيضا ، لم يأخذ أحد رغبته في الالتحاق بالجبل بعين
الاعتبار نظرا لكونه صغيرا ، صغيرا جدا في السن. فر من المركز بتونس متوجها إلى
مونستير للبحث عن مرشده (معلمه) بسجن سوسة ، "بابا سعيد" الذي أطلق
صراحه غداة استقلال بلاده.
كان اللقاء من جديد بمونستير مؤثرا وسط عائلة "بابا
سعيد".
على ضوء إرشادات و نصائح مرشده ، عاد بزويش إلى
تونس كي يحاول مجددا الاتصال بعمه السي أحمد والمركز ولكن "مذبحة تونس"
التي جرت حينها حالت دون الاتصال بأي كان. قام عضو من المركز ، أصله من تبسة ويعرف
عائلته بنصح بزويش أن يذهب ويعرض تجنده بالقاعدة الشرقية.
بسوق الأربعة ثم بغردماو ، نجح أخيرا في الاتصال بجسش
التحرير الوطني للقاعدة الشرقية.
خلال بضعة أيام من تلك الفترة المضطربة ، تمايل مصيره
بين الحيات والموت. إن التقاءه مع العقيد قائد القاعدة الشرقية ، السي عمارة بوقلاز
شخصيا كان بمثابة المنجد ، إذ أنقذه من حكم أكيد بالإعدام.
هذا الضابط السامي الذي يعرف شخصيا السي أحمد ، عم بزويش
، لكونه شارك رفقته في الحرب العالمية الثانية ، أمر بتجنيده الفوري.
كان ذلك في 11 نوفمبر 1956.
يمكن القول أنّ بزويش ، الدائم الاكتساح ، قد
"كسر أبوات" جيش التحريرالوطني (!)
تم تعيينه بمركز السويكة ، مركز للتموين بصفة
"كاتب".
بعد مرور بعض أسابيع ، لاحظه سليمان لاسو ، قائد
كومندوس سوق أهراس وقام بتجنيده بطلب منه في كومندوس الموت الذي يقوده.
بعد عدة عمليات رفقة كومندوس سوق أهراس ، ضمن مجموعة
الصدام لــ بتي محمد ، أصيب بزويش بجروح واعتبر عاجزا عن القتال وذلك خلال عملية
تمشيط بكاف الرخمة ، أين تم إسقاط الطائرة المروحية لكلونيل الجيش الفرنسي.
نقل إثرها إلى مستشفى سوق الأربعاء ، أين حظي من بين
الزيارات بزيارة العقيد عميروش الذي أمر بإلحاقه الفوري بثانوية "الصاديقي"
بنونس ، بعد شفاء جرحه.
عارض بزويش العقيد عميروش ورفض استئناف
دراسته رفضا باتا.
فرّ من المستشفى للالتحاق بكومندوس سليمان لاسو التي
كانت تستعد لمرافقة كتيبة توجيه الأسلحة نحو الولاية III على خطى العقيد عميروش ، العملية التي وصفها بزويش بــ "المسيرة
الكبرى على درب عميروش".
في أثناء السير ، تعرف بزويش على البركة و على
مساعده عز الدين ، بمنطقة المليّة ، في غابة مشّاط بالولاية
II ، بعد
الكمين المشهور ، المسمى بكمين 14 جويلية 1957.
عند حدود الولاية III ، بسرج الغول ، قام
سليمان لاسو ، قائد الكمندوس و في ظروف خيالية بتسليم كتبة توجيه الأسلحة والأمتعة
، بالتوقيع الجبري على لوائح الاستلام للمقدم سي حميمي.
خلال رجوع عاجل ومليء بالأحداث رفقة كومندوس سليمان لاسو
، كان بزويش من الأوائل الذين علموا بعين المكان استشهاد "البركة"،
بطل الولاية II ، ممزقا
بقذيفة طائشة.
وقع بعد ذلك سليمان لاسو في نزاع مع
"المسعودين" ، ضابطين من الولاية II ، هما مسعود القسنطيني و مسعود
بوعلي اللذان أثارا مواجهة مسلحة قصيرة ولكن عنيفة مع كومندوس سليمان لاسو. تلا
ذلك فرار مدلّة لرجال سليمان لاسو إلى غاية منطقتهم بكاف الرخمة.
فور وصولهم إلى القعدة الشرقية ، تم القبض على سليمان
لاسو وعلى رجال مفرزته ومن ضمنهم بزويش و تجريدهم من أسلحتهم من طرف الرئد بن
سالم ، قائد الفيلق الثاني.
إن السرد الذي يغطي الفترة الممتدة من أوت 1955 إلى أوت
1957 ، سيبتعد بصفة مقصودة عن الأسلوب ألجزمي والمتصنع. إنه محرر عن بصيرة بأسلوب
خفيف ، مزاح أحيانا ، في متناول أكبر عدد ، من أجل قراءة شيقة ولم لا مسلية ،
وبالتالي أكيد مثرية.
نبأ مسرود من التاريخ ، بهدف التسلية والتعليم في آن
واحد.
نبأ لا وجود فيه للغل. نبأ مراهق ، مروي بكل الإحسان
والإنسانية ، بالإضافة إلى حدّة الملاحظة المتصلة بسنه.
إن الراوي ، البطل ، الذي لا يغترّ بما يعتبره مجرد واجب
، كونه حرب من أجل تحرير بلاده ، يلقي وبكل تواضع نظرة هادئة على ما أنجزه وفي آن
واحد مندهشة ممّا عانه.
عبد الجيد معلّم المدعو بزويش.